Marjan Decoster

AMBASSADRICE DE SAVEURS & MÉTIERS 2027

Filière Manager chez Delhaize pour les catégories viandes, volailles et alternatives végétariennes, Marjan Decoster nous plonge avec passion et authenticité dans les coulisses du département achats d’une enseigne nationale de grande distribution. Un métier où chaque choix entend répondre aux attentes des consommateurs, toujours plus attentifs à la traçabilité des produits, à leur qualité gustative et nutritionnelle.  

Comment le salon Saveurs & Métiers l’aide-t-il à développer des assortiments adaptés aux exigences de l’enseigne et capables de créer une véritable valeur ajoutée par rapport à la concurrence ? De la première rencontre dans les allées jusqu’à la mise en rayon, quels sont les aspects de son métier qui la passionnent au quotidien ? Découvrez-le sans attendre.

En bref

💡 Saveurs & Métiers, un accélérateur de rencontres
Pour Marjan Decoster, le salon permet de découvrir rapidement de nouveaux produits, de repérer des pépites régionales et surtout de rencontrer directement des producteurs, notamment les plus petites structures.

🥩 Construire une offre qui fait la différence
Son métier consiste à trouver le juste équilibre entre qualité, origine, prix et attentes des consommateurs. Au-delà des produits de base, l’enjeu est aussi de développer des assortiments à valeur ajoutée qui permettent de se différencier.

🤝 Du premier contact au rayon
Une rencontre au salon peut être le début d’une véritable histoire : certains producteurs y sont découverts avant de faire évoluer leur offre, développer leur réseau et, quelques mois ou années plus tard, rejoindre les rayons.

SAVEURS & MÉTIERS : DE LA RENCONTRE DES PRODUCTEURS PASSIONNÉS À LA CONSTRUCTION D’UNE OFFRE DIFFÉRENCIANTE

Découvrez l'interview complète de Marjan

Pouvez-vous nous parler de votre parcours et de vos missions chez Delhaize ?  

Je travaille depuis dix ans chez Delhaize au sein du département des achats, d’abord et successivement pour les rayons crèmerie, puis fromages et charcuteries. Actuellement, je suis responsable de l’assortiment en viandes fraîches, volailles et produits végétariens. 
Ma mission, c’est principalement d’être à l’affut de nouveaux produits, capables de répondre aux besoins de nos clients. Il faut donc que j’observe les tendances en développement de produits et que je reste attentive à ce que proposent nos concurrents.  
A côté de cela, je m’occupe aussi du plan promo, donc planifier tout ce qui est communiqué pour ma catégorie dans nos folders hebdomadaires. Et enfin, je gère aussi le planogramme, c’est-à-dire la manière dont nos assortiments vont être concrètement déployés au sein des magasins de l’enseigne.  

Justement, comment se décide et se passe ce déploiement de l’assortiment dans les différents magasins Delhaize ? Est-ce que cet assortiment est le même partout ?  

Bien sûr, il y a un tronc commun, qui est déployé dans tous nos magasins, avec des différences en fonction de la taille de leurs rayons. C’est essentiel d’avoir cet assortiment de base car nos clients doivent pouvoir retrouver nos produits standards, quel que soit le magasin dans lequel ils se rendent.  

Mais à côté de cela, l’offre est très souvent complétée par des assortiments locaux – encore plus depuis que Delhaize fonctionne avec 100% de magasins affiliés. Chaque magasin a donc la liberté de développer une offre spécifique et différenciante avec des produits que ses consommateurs apprécient ou encore de tester de nouveaux produits locaux dans ses rayons. Cet ancrage local est une force de nos magasins.   

Est-ce que visiter le salon Saveurs & Métiers est une étape intéressante pour élaborer ces assortiments, tant au niveau du département achats de l’enseigne qu’au niveau des magasins affiliés ?  

Oui, bien sûr. Il y a évidemment des producteurs qui se montrent proactifs et qui contactent directement le magasin, les acheteurs ou les Category Managers en centrale. Mais de notre côté, nous visitons souvent des salons pour trouver des nouveaux produits ou des nouvelles tendances. C’est efficace, c’est un vrai gain de temps pour établir très rapidement des connexions concrètes.  

En une journée complète, on y rencontre de nombreux fournisseurs potentiels qui ont envie de collaborer avec le retail, on découvre de nouveaux produits ou des produits régionaux, autant de petites pépites à intégrer dans notre gamme et qui vont faire la différence pour séduire nos clients finaux en magasins.  

Cela fait donc 10 ans que vous exercez votre métier au département achats chez Delhaize et l’on ressent toujours cette motivation dans vos réponses. Qu’est-ce qui vous passionne au quotidien ? 

Ma plus grande motivation, c’est sans hésiter le produit, l’amour de la nourriture ! C’est le cœur de mon métier et c’est aussi le point qui nous réunit, avec les fournisseurs, les collègues. Cette passion du produit, on la partage tous au jour le jour.  

Justement, quelles sont ces personnes avec lesquelles vous interagissez au quotidien ? 

C’est très varié, car le métier est opérationnel, donc à la croisée de multiples départements.  

En interne, je suis amenée à collaborer avec de nombreuses équipes. L’équipe SYNC par exemple, qui négocie les contrats avec les fournisseurs. Ou encore le département Replenishment, qui s’occupe des approvisionnements, des commandes, des livraisons et de toute la chaîne logistique.  
Il y a aussi bien sûr les équipes Marketing, qui vont communiquer sur nos produits, véhiculer les histoires autour de nos producteurs. Et enfin, je m’appuie aussi beaucoup sur notre équipe Retail, qui fait le lien entre la centrale et les magasins, les décisions stratégiques et leur déploiement sur le terrain.  

Et les propriétaires de vos magasins affiliés ?  

On collabore et on échange bien sûr étroitement, avec des réunions très régulières. Au niveau des achats, c’est essentiel de rester à l’écoute des propriétaires de nos magasins affiliés. On doit comprendre quels sont leurs besoins, ce que recherchent leurs clients, pour être capables de leur proposer des produits en phase avec ces attentes. C’est une interaction essentielle : le premier client du département achats, ce sont nos magasins… et leurs clients à eux, ce sont nos consommateurs finaux ! Donc on doit travailler en partenariat étroit, car mieux servir le client final, c’est notre leitmotiv.  

Et pour y parvenir, quelle est la priorité n°1, la chose essentielle à ne surtout pas négliger ?  

La qualité et la transparence sur l’origine du produit sont quand même deux éléments clés, surtout pour une catégorie aussi sensible que la viande. On a vraiment besoin d’une traçabilité sans faille ! L’origine du produit, mais aussi l’ensemble de la chaîne (producteurs, abattoirs, ateliers de découpe, transformateurs…) : tout doit être clair, pour que l’assortiment proposé à nos clients soit conforme aux cahiers de charges, aux législations et à tous les critères de qualité que l’on s’est fixé. C’est une grande responsabilité.  

Parmi ces critères de qualité, est-ce qu’on retrouve des choses comme l’origine locale, les labels (bio par exemple) ? Qu’est-ce qui fait pencher la balance dans le choix des produits pour vos assortiments ?  

Pour les viandes comme pour la volaille, on va essayer de proposer au maximum des produits belges, quand ils sont disponibles. Mais il faut bien entendu rester compétitifs par rapport à nos concurrents et ne pas négliger l’aspect prix, car nos clients y sont sensibles.  

On va donc proposer des produits « de base », ces produits à grosse rotation, semblables à ce que l’on peut retrouver globalement dans toute la grande distribution – ce sont nos produits « Petits Lion ». Mais à côté de cela – et c’est sans doute la partie la plus « challenging » de mon métier – on va aussi chercher à développer un assortiment à valeur ajoutée : trouver ces produits qui vont permettre à Delhaize d’apporter une différence en termes de qualité, d’origine.  

Découvrez les profils de Frank, Patrick et Cindy

Pourriez-vous citer des exemples ?  

Oui, on a par exemple développé une collaboration à long terme avec la société wallonne Ardennes Volaille. Ils travaillent en toute transparence, et leur élevage se visite. Leurs poules vivent en plein air, ont une existence plus longue. Et cela se ressent dans le goût de la viande, elle est bien meilleure ! C’est un exemple pour la volaille, mais c’est aussi valable pour les viandes : on travaille notamment avec la société Porc Qualité Ardenne. Chez eux aussi, j’ai pu visiter la ferme et toute la filière : les animaux évoluent dans les champs, en plein air. Ça se ressent dans le produit final.  

Ce n’est pas de la viande, mais je pourrais aussi citer la collaboration avec une coopérative de producteurs de lait bio qui s’appelle BioMilk. Delhaize leur achète un volume convenu sur base annuelle à un prix fixé d’un commun accord. Ensuite, nous transformons ce lait en lait de consommation, en fromages, yaourts, etc. Et tous ces produits sont proposés dans nos rayons avec le logo BioMilk sur leur emballage. Le client sait d’où vient le lait et, avec un code QR, il peut même visiter virtuellement la ferme.  

Finalement, en bio comme en conventionnel, l’objectif est de dénicher des produits qui vont un peu plus loin au niveau des exigences et des cahiers des charges et pour lesquels on a une belle histoire à raconter, tout en respectant les contraintes propres au retail.  

Et comment ça se passe : vous goûtez tous les produits pour valider leur qualité ?  

Alors oui, on mange beaucoup dans notre métier et de tout ! Heureusement qu’on aime ça !  
On a des dégustations au moins 1 à 2 fois par semaine avec mon équipe. Cela peut être des dégustations comparatives : on va tester un même produit, proposé par différents producteurs, et analyser les différences en goût, texture, odeur… Cela peut être aussi des dégustations de nouveaux produits : on va les goûter, mais aussi regarder comment ils réagissent à la cuisson, à la préparation, etc.  

Il n’y a pas que les membres de mon équipe qui dégustent. Par exemple, quand on est face à des produits un peu plus niches, on va impliquer des collègues flexitariens. Bref, on essaie d’élargir le scope pour se rapprocher de l’avis du client lambda, voir si le produit peut lui plaire.  

Ces dégustations, c’est une sorte de premier filtre informel qui va précéder la sélection des produits pour nos assortiments. Ça se passe simplement, on est autour de la table, on goûte, on en discute pour voir si on garde le produit, si on veut aller plus loin. 

Bien sûr, il y a aussi des tastings organisés par des sociétés externes, beaucoup plus cadrés, dont l’objectif est souvent de comparer nos propositions aux références du marché. 

A côté du goût, de la qualité et du prix qui sont des critères que vous avez déjà évoqués, l’accès des produits au retail est aussi lié à la capacité de production. Est-ce que pour autant des plus petits producteurs ou des start-ups qui lancent de nouveaux produits ont leur chance auprès d’une enseigne comme Delhaize ?  

De mon côté, en tant que Category Manager, je vais évidemment me concentrer sur les produits qui seront présents dans l’ensemble de nos magasins, et donc sur des producteurs qui disposent déjà d’une certaine capacité au niveau des volumes de production. Mais bien entendu, je reste attentive. Si je découvre, en visitant le salon Saveurs & Métiers, des produits intéressants mais qui n’ont pas vocation à être référencés au niveau de la centrale, je vais en parler aux magasins locaux et faire le lien entre ces magasins et ces producteurs.  

Et puis à côté de cela, pour les sociétés qui démarrent ou qui n’ont pas pour objectif de livrer sur l’ensemble des magasins belges, Delhaize dispose aussi d’un département qui s’appelle Category Management Local. Tout producteur peut y soumettre une proposition de produit. Elle sera analysée au niveau régional : il y aura des discussions engagées avec les magasins pour discuter de l’intérêt potentiel du produit. On va ainsi pouvoir développer des choses au niveau de l’assortiment ultra local.   

Et puis à côté de cela, pour les sociétés qui démarrent ou qui n’ont pas pour objectif de livrer sur l’ensemble des magasins belges, Delhaize dispose aussi d’un département qui s’appelle Category Management Local. Tout producteur peut y soumettre une proposition de produit. Elle sera analysée au niveau régional : il y aura des discussions engagées avec les magasins pour discuter de l’intérêt potentiel du produit. On va ainsi pouvoir développer des choses au niveau de l’assortiment ultra local.  

C’est pour la découverte de produits que le salon Saveurs & Métiers présente un véritable intérêt pour vous et pour Delhaize en général en tant que grand acteur du retail au niveau national ? 

Le salon m’apporte, en tant que Category Manager, une vue plus précise du marché dans la partie francophone du pays. Bien sûr, je connais les plus grands acteurs même si je n’ai pas toujours des contacts très réguliers avec eux. Le salon constitue surtout une ouverture vers les plus petites structures, celles qui ignorent peut-être comment accéder à une centrale, qui sont quelque fois un peu timides.  

A Saveurs & Métiers, je vais pouvoir avoir ce contact direct et spontané avec ces personnes qui ont développé des produits avec amour et passion, en sont fières et ont envie de faire connaître leurs produits, de les vendre à plus large échelle.  

Bien sûr, ces premiers contacts n’aboutissent pas du jour au lendemain. Mais au fil des éditions du salon, j’ai pu découvrir des producteurs qui ont évolué, qui ont pris de l’assurance, qui ont peaufiné leurs produits et ont commencé à développer leur réseau au niveau local. Et puis finalement – 6 mois, 1 an ou 2 ans plus tard – ils étaient mûrs pour franchir une nouvelle étape et leurs produits se sont retrouvés dans nos rayons. Ce sont des vraies histoires !  

Je pense que pour les fournisseurs présents, quelle que soit leur taille, Saveurs & Métiers c’est cela : un tremplin, qui va leur permettre de distribuer leurs produits, de l’échelle locale jusqu’à un niveau national.