CINDY LAMBERT

AMBASSADRICE DE SAVEURS & MÉTIERS 2027

Maman de deux enfants, elle a fondé La Boucherie Namuroise à Bouge il y a quatre ans. Pourtant, rien ne la prédestinait à devenir bouchère. Après une première carrière dans un tout autre domaine, elle s’est reconvertie dans ce métier qui est rapidement devenu une véritable vocation. Aujourd’hui à la tête de sa propre affaire et d’une équipe de huit personnes, elle défend une vision profondément artisanale de la boucherie, fondée sur la qualité et la provenance locale des produits et sur la création de recettes authentiques, entre tradition et innovation.

À travers son témoignage, elle revient sur son parcours, les défis rencontrés lors de la création de son commerce, l’évolution de son métier et l’importance, pour les artisans de bouche, de pouvoir s’inspirer, briller et rencontrer leurs partenaires professionnels lors d’événements comme Saveurs & Métiers.

En bref

💡 Saveurs & Métiers, un lieu de rencontres et de découvertes
Pour Cindy Lambert, le salon permet de rencontrer des producteurs locaux, de créer de nouvelles collaborations et de découvrir des équipements ou technologies qui peuvent faciliter le quotidien des artisans. Les concours contribuent aussi à faire rayonner leur savoir-faire.

🥩 L’artisanat, de la matière première au produit fini
À La Boucherie Namuroise, tout repose sur le travail du produit de A à Z : matières premières de qualité, producteurs locaux et recettes entièrement maison. Une approche qui mêle tradition, créativité et envie de surprendre les clients.

🤝 Plus de transparence, de l’éleveur jusqu’au client
Cindy Lambert souhaite aller encore plus loin dans la mise en lumière des producteurs et dans l’information sur l’origine et la qualité des produits. Pour elle, artisans et fournisseurs font partie d’une même chaîne et ont tout intérêt à valoriser ensemble leur savoir-faire.

SAVEURS & MÉTIERS : VITRINE DE LA BOUCHERIE ARTISANALE, ENTRE AUTHENTICITÉ ET INNOVATIONS

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Une femme bouchère, ce n’est pas si courant. Qu’est-ce qui vous a conduite vers ce métier, généralement plutôt masculin ? Une tradition familiale ?

En fait, j’ai d’abord travaillé en tant qu’éducatrice et institutrice. Mon parcours de vie m’a amenée, presque par hasard, à travailler dans une boucherie. Très vite, ça m’a donné envie d’aller plus loin, car j’y ai un peu retrouvé mes « racines ». Il faut dire que, pendant mon enfance, mes parents faisaient tout « maison » : ils cultivaient les légumes, mettaient en conserve, élevaient des animaux… Ce côté artisanal, c’est donc un peu l’univers dans lequel j’ai grandi. Et puis, je suis aussi une personne de nature gourmande ! Donc pouvoir, à travers un métier, partager de la gourmandise avec d’autres personnes, c’était forcément attirant pour moi !

J’ai donc décidé de reprendre une formation en boucherie, en cours du soir, tout en continuant à travailler. C’était une période assez compliquée, surtout que j’avais encore des enfants en bas âge. Mais c’est tout de suite devenu une véritable passion… Et aujourd’hui encore, je ne saurais pas me passer de mon métier ! Il correspond vraiment à mes valeurs.

Clairement, réussir à faire ma place dans ce métier, surtout en tant que femme dans un milieu d’hommes, c’est une de mes plus grandes fiertés : j’ai dû montrer doublement ce dont j’étais capable.

Cette passion vous a ensuite menée à ouvrir votre propre commerce. Quel a été votre parcours avant la création de La Boucherie Namuroise ?

La Boucherie Namuroise n’existe que depuis 4 ans. Avant son lancement, j’ai travaillé dans des petites boucheries mais aussi dans des grandes surfaces, où j’ai été cheffe d’une équipe de 20 personnes. Mon idée était de reproduire l’esprit de la petite boucherie, mais au sein du supermarché. Ça a plutôt bien fonctionné ! Cette expérience m’a donné une vision assez globale du métier de boucher. Cela m’a aussi donné la confiance nécessaire pour ouvrir ma propre boucherie.  

Justement, quels souvenirs gardez-vous du lancement de La Boucherie Namuroise ? Quels ont été les principaux défis ?

Créer ma propre boucherie, ça a vraiment été une aventure personnelle, que j’ai menée toute seule. Bien sûr, j’ai vraiment pu compter sur le soutien essentiel de ma famille, mais aussi sur l’aide et les conseils d’autres professionnels.

Des défis, des obstacles, il y en a eu forcément ! Tout a pris du temps. J’ai dû trouver des éleveurs qui avaient les mêmes valeurs que moi.

J’ai dû me faire connaître en partant de zéro puisque je n’ai pas repris un établissement familial ou un commerce existant. J’ai dû aussi agrandir progressivement mon équipe, tout en gardant un équilibre financier : on était deux au départ et aujourd’hui, on est huit. Quand je regarde ce chemin parcouru, je ne peux qu’être heureuse de là où j’en suis !

Cette réussite s’est aussi construite sur des valeurs et une identité forte. Comment décririez-vous en quelques mots votre boucherie ?

Je ne vois qu’un seul mot pour décrire La Boucherie Namuroise : artisanat ! Travailler de ses mains avec des matières premières de qualité, issues de producteurs locaux, créer et inventer des recettes authentiques pour en faire des produits nobles.

Je parle souvent de « fait maison » et je ne suis certainement pas la seule. Mais pour moi, cela signifie travailler le produit de A à Z. Par exemple, je crée beaucoup de saucisses qui intègrent des légumes. Et bien, nous travaillons aussi les légumes à la boucherie même : on les coupe, on les assaisonne, et puis on les intègre dans la préparation. Idem pour notre boudin : il est fabriqué avec du lait et des œufs de ferme, avec du pain de la boulangerie. C’est notre façon de faire !

Concrètement, comment cela se traduit pour vous et votre équipe au quotidien ?

Le quotidien, c’est d’abord réceptionner les marchandises et fabriquer chaque jour les produits pour réapprovisionner les comptoirs, avec toujours ce même niveau de qualité et de fraîcheur.

Notre Américain préparé, par exemple, est refait tous les jours, tant il rencontre de de succès. Il est fabriqué entièrement maison selon une recette que j’ai créée

de A à Z.

A côté des produits incontournables, il faut aussi continuer à créer, à imaginer de nouvelles préparations pour répondre aux attentes des clients. Car au-delà de leurs habitudes, leurs envies varient aussi en fonction des saisons. Bref, le quotidien, c’est aussi toujours chercher à innover pour surprendre et satisfaire les clients. Et au final, ma plus grande satisfaction à moi, elle est là aussi : savoir qu’ils restent fidèles et qu’ils choisissent de mettre les produits de la boucherie sur leur table.

Découvrez les profils de Frank, Marjan et Patrick

Cette exigence de qualité repose aussi sur le choix de vos partenaires et fournisseurs.

Oui bien sûr ! Pour moi, comme je l’ai dit, c’est essentiel de travailler avec des fournisseurs qui correspondent à mes valeurs : je suis attentive au bien-être et à l’alimentation de l’animal. Je ne veux pas seulement qu’on me le garantisse oralement ou par écrit : je veux le voir et le ressentir dans les produits que je travaille.

Je suis aussi convaincue qu’aujourd’hui, le consommateur attend de la clarté, de la transparence : il veut savoir exactement ce qu’il a dans son assiette et d’où cela vient.
Cela passe par le choix des fournisseurs, mais aussi par des choix dans la fabrication. A la boucherie, on n’utilise par exemple aucun produit nocif : pas de nitrite dans les charcuteries par exemple. Il y a une question de santé mais aussi la volonté d’offrir un produit au goût authentique.

Trouver les bons partenaires est essentiel pour un artisan. Est-ce que Saveurs & Métiers vous a déjà permis de faire ce type de rencontres ?

Oui, c’est certain : on y rencontre des professionnels qui partagent la même passion que nous, mais aussi de petits producteurs locaux avec lesquels on peut développer de vraies collaborations. Je pense notamment à la Ferme de Frocourt qui est mon fournisseur pour les œufs et que j’ai rencontrée à Saveurs & Métiers.

En plus des matières premières, le salon permet aussi de découvrir de nouvelles technologies, de nouveaux équipements et machines. Sur le salon, on peut les voir vraiment et voir ce qu’elles vont pouvoir nous apporter au quotidien, en termes de gain de temps, de confort de travail.

Et puis, il y a aussi les concours, qui sont une belle manière de faire rayonner notre savoir-faire artisanal !

Pour conclure, quels sont vos défis que vous souhaitez relever dans les années à venir ?

Aujourd’hui, les défis que je me fixe concerne beaucoup la communication.

Je voudrais davantage mettre en lumière les producteurs et fournisseurs avec lesquels je travaille, montrer leurs fermes, leurs méthodes. Cela renforcerait encore la transparence sur le produit, de l’éleveur jusqu’à la boucherie. Et pour moi, cela fait sens aussi, car nous faisons partie de la même chaîne : je ne serais nulle part sans des fournisseurs de qualité et je trouve qu’ils mériteraient d’être davantage mis en avant.

J’aimerais aussi mieux communiquer sur l’aspect santé, qui me semble super important à l’heure actuelle. A l’heure actuelle, j’ai parfois l’impression que les choix alimentaires sont trop souvent dictés par le prix : en caricaturant un peu, certains consommateurs seraient prêts à manger n’importe quoi tant que ce n’est pas cher ! Pourtant, à budget équivalent, il est possible de faire des choix plus bénéfiques pour sa santé, mais aussi plus gourmands. On peut choisir une viande de qualité, mais en consommer moins régulièrement, deux ou trois fois par semaine per exemple et le reste du temps, varier ses menus. J’aimerais beaucoup collaborer avec un professionnel de la nutrition pour avoir cette communication plus axée sur la santé, car cela me tient à cœur.