Chaque mois de septembre, les grandes enseignes de la distribution lèvent le voile sur leurs nouveautés à l’occasion de leurs salons internes. Carrefour, Delhaize et d’autres retailers y présentent les assortiments qui animeront les rayons dans les mois à venir, avec un objectif clair : préparer la période cruciale des fêtes de fin d’année.
Présent lors de plusieurs de ces rendez-vous, notre partenaire Vincent Panneels (20/CENT Retail) décrypte les signaux forts qui se dégagent déjà pour cette fin d’année 2026. Entre recherche de plaisir, maîtrise du budget et quête de praticité, les attentes des consommateurs continuent d’orienter les stratégies des distributeurs.

Article proposé en collaboration avec 20/CENT Retail
Le consommateur entre regain de confiance et prudence budgétiare
Les nouveautés arrivent dans les rayons dans un contexte économique qui reste contrasté. Si les consommateurs semblent retrouver progressivement confiance grâce à une inflation stabilisée, ils demeurent attentifs à leurs dépenses.
Cette double réalité se retrouve dans les assortiments présentés par les retailers. Le prix reste un critère de choix incontournable, mais la logique du « produit le moins cher » n’est plus l’unique réponse. Les enseignes cherchent davantage à proposer le meilleur compromis entre qualité, plaisir et accessibilité.
L’enjeu est désormais de convaincre les consommateurs qu’ils peuvent se faire plaisir sans pour autant déséquilibrer leur budget.
La convenience : tendance évidente !
Parmi les tendances les plus visibles, la convenience confirme son statut de priorité.
Produits prêts à cuire, prêts à enfourner ou prêts à consommer, kits repas, préparations déjà découpées ou assaisonnées : dans les rayons boucherie, poissonnerie ou traiteur, les solutions qui simplifient le quotidien se multiplient.
Cette recherche de praticité ne s’accompagne toutefois pas d’une baisse des exigences.
Au contraire, les distributeurs misent sur des produits plus travaillés, aux recettes plus élaborées et à l’image plus premium.
L’équation est simple : moins de temps passé en cuisine, davantage de plaisir à table.
Le dimanche, nouveau moment de consommation
L’ouverture dominicale, désormais largement intégrée dans les habitudes des consommateurs belges, continue de transformer les comportements d’achat.
Certaines catégories en profitent particulièrement. La boulangerie-pâtisserie arrive en tête, suivie des rayons frais, des assortiments traiteur et des solutions repas.
Les distributeurs adaptent déjà leurs offres à cette nouvelle réalité.
Dans l’univers du pain notamment, les innovations mettent davantage l’accent sur l’authenticité et le caractère : pains au levain, viennoiseries préparées sur place ou recettes artisanales gagnent du terrain.
Le dimanche n’est plus seulement un jour de dépannage ; il devient progressivement une véritable occasion de consommation à part entière.
Une touche asiatique dans les rayons
Autre tendance remarquée lors des présentations de rentrée : l’influence croissante des saveurs et inspirations asiatiques.
Dans les rayons poissonnerie, les tatakis et sashimis poursuivent leur progression. Les influences asiatiques se retrouvent également dans certaines préparations à base de viande, dans des plateaux destinés à la convivialité ou encore dans des créations originales en boulangerie-pâtisserie, à l’image du donut au pandan présenté par Delhaize.
Il ne s’agit pas tant d’une transformation radicale des assortiments, mais plutôt d’une volonté d’introduire une touche de découverte dans des catégories bien établies. De quoi stimuler la curiosité du consommateur sans le faire sortir de sa zone de confort.
Des formats plus flexibles pour des consommateurs aux profils variés
Les retailers cherchent également à répondre à l’évolution des modes de vie et des structures de ménage.
Le développement des concepts « pick & mix » illustre parfaitement cette tendance. Le consommateur compose lui-même son repas, choisit ses portions et personnalise son expérience selon ses envies.
Les formats individuels gagnent eux aussi en visibilité afin de répondre à des foyers plus petits, à des moments de consommation différents ou à des besoins plus ponctuels.
Si les grands plateaux festifs et les formats familiaux conservent évidemment toute leur pertinence, notamment à l’approche des fêtes, ils cohabitent désormais avec une offre plus flexible et davantage centrée sur le sur-mesure.
Le plaisir... mais accessible !
Au final, toutes les tendances observées lors des salons de septembre racontent la même histoire. Le consommateur belge souhaite retrouver le plaisir d’acheter et de découvrir de nouveaux produits. Mais il ne veut pas pour autant perdre de vue son budget. Il attend des solutions qui facilitent son quotidien, tout en restant qualitatives et attractives.
Pour les retailers, le défi consiste donc à trouver le juste équilibre : proposer de l’innovation sans excès, offrir du plaisir sans surcoût disproportionné, et apporter davantage de praticité sans sacrifier la qualité.
Les salons de rentrée montrent ainsi que la bataille commerciale de cette fin d’année ne se jouera pas uniquement sur les nouveautés. Elle se jouera surtout sur la capacité des enseignes à répondre à une question essentielle : comment continuer à donner envie aux consommateurs tout en leur apportant une véritable valeur perçue ?





